Un budget qui appauvrira davantage!

Québec le 17 mars 2011- La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics s’indigne que le budget 2011-2012 maintienne le cap en matière budgétaire et dénonce que le gouvernement Charest fasse porter le poids de la lutte au déficit sur le dos des plus pauvres et de la classe moyenne. Alors que plusieurs mesures progressives et plus justes auraient pu être adoptées pour renflouer de façon beaucoup plus équitable les coffres de l’État, le gouvernement a plutôt choisi d’épargner les plus riches et les grandes entreprises qui, en plus de bénéficier des mesures de relance économique, profiteront maintenant de la reprise. Selon la Coalition, représentant plus de 125 organisations, en priorisant la tarification et les compressions plutôt qu’une fiscalité équitable, le gouvernement fait définitivement le choix d’augmenter les inégalités sociales.

Cette année, le gouvernement y va d’une fronde tarifaire supplémentaire avec une hausse fulgurante des frais de scolarité qui portera, à terme, le coût d’un baccalauréat à plus de 11 000$ – 15 000$ si on ajoute les frais afférents – augmentant de 74% la facture actuelle ! Une telle mesure aura nécessairement pour conséquence d’augmenter l’endettement étudiant et de réduire l’accessibilité aux études supérieures. « Alors que l’on sait que les personnes issues de familles moins nanties ont beaucoup moins de chances d’accéder aux études supérieures, la hausse annoncée ne fera qu’instaurer une barrière additionnelle pour ces étudiants, barrière qui constitue dans les faits, une discrimination basée sur le statut socio-économique des individus. Alors que dans son dernier rapport sur le respect des droits humains, l’ONU blâmait le Canada relativement aux frais de scolarité élevés, il est révoltant de voir que ce gouvernement, plutôt que de faire de l’accessibilité aux études supérieures sa priorité, se compare plutôt aux provinces les plus délinquantes en cette matière pour justifier ses hausses de frais de scolarité! » s’insurge Marie-Eve Rancourt, porte-parole de la Coalition.

La Coalition déplore que le budget présenté aujourd’hui reconduise les mesures régressives annoncées lors du dernier budget. De toute évidence, le gouvernement Charest continue d’ignorer la population qui s’est fermement opposée à ces mesures et maintient le cap avec des politiques qui appauvrissent au premier chef la classe moyenne et les personnes à faible revenu: maintien de la taxe santé, de la hausse de la TVQ, de la hausse de la taxe sur l’essence, de la hausse des frais de scolarité, de la hausse annoncée des tarifs d’électricité. La Coalition s’oppose à cette logique de l’utilisateur-payeur qui remet en question le principe d’accessibilité et d’universalité des services publics, qui effrite la solidarité sociale et le respect des droits fondamentaux.

Alors que les compressions budgétaires se traduiront par une diminution des services à la population et par le retrait de l’État de certaines de ses missions essentielles, il est aberrant de constater que ce gouvernement refuse de redistribuer la richesse et de s’attaquer efficacement aux inégalités sociales qui se sont accrues depuis 30 ans. La Coalition rappelle que la crise des finances publiques est le résultat de politiques néolibérales telles les baisses d’impôts qui ont été octroyées depuis les années 2000. Ce sont ces choix qui ont privé les coffres de l’État de plusieurs milliards de dollars. Aujourd’hui, ce sont ces milliards de dollars que l’on tente d’aller chercher dans les poches de la classe moyenne, des étudiants, des moins nantis. Devant l’entêtement du gouvernement à ignorer la population et à maintenir l’imposition de sa révolution tarifaire, la Coalition n’aura d’autres choix que de hausser la pression et d’augmenter les actions de perturbation afin de lui faire entendre raison et de le faire reculer.

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Renseignements :
Marie-Eve Rancourt, Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics :
514-258-0095